

« En un sens, les cairns situés à l’intérieur des maisons deviennent les jalons de la marche et des monuments à la mémoire de ceux qui ont autrefois vécu ici. Marcher sur les anciens sentiers qui étaient autrefois les routes principales reliant les villages entre eux communique le sentiment très fort de l’énergie et de la vie qui existaient autrefois dans les villages aujourd’hui en ruine, situés là-haut, dans les montagnes, et par là même, évoque peut-être, en retour, la précarité et la fragilité de nos vies.»
Andy Goldsworthy
A 1,5 km après les Thermes de Digne, laisser la voiture sur un petit parking à droite, monter à pied par un sentier sur la gauche de la route pendant environ 20', direction Château de la Reine Jeanne d'abord, sans y aller, puis Saint-Pancrace, à gauche ; le refuge est une cabane en pied de pente, à la lisière des bois et au bord des robines.
Il termine le Chemin de l'art. C'est un abri restauré, avec une entrée circulaire. À l'intérieur se trouve un cairn en galets.
Par l'oculus, on peut pénétrer dans le cabanon, s'asseoir, boire, manger et méditer. Refuge intra-utérin, pénombre et température agréable. On y est bien, comme chez soi, à l'écart des tumultes extérieurs, de la chaleur, de la lumière agressive ou des intempéries.
Cette pointe dans un cercle, c'est un peu le yin et le yang revisités, le masculin dans le féminin. C'est facile, mais l'idée est là, de l'union des contraires. Elle peut servir de fil d'interprétation. Ici, l'œuvre est un paysage intérieur. Un cairn, c'est comme une petite montagne, stable, solide et immuable. Mais une montagne en galets, ça roule, roule comme le temps qui passe ! Ainsi, en ce cairn, se trouvent réunis les deux images contraires de l'être et du temps, de l'immobile et du mouvement.
Voilà donc comment les sculptures de Goldsworthy me font gamberger. A chacun de les découvrir et de se les approprier. Merci à l'artiste, pour cette itinérance esthétique et philosophique.
Jean-Claude Barbier