

« Derrière ce mur, il y a une vue magnifique sur le paysage environnant. Je n'ai pas bouché cette vue mais je l'ai découverte à l'intérieur du bâtiment et j'espère aussi, d'une façon ou d'une autre à l'intérieur de nous-mêmes.»
Andy Goldsworthy
Elle se trouve à l'intérieur du musée Gassendi de Digne. Un mur a été recouvert d'argile mêlée à des cheveux pour la lier. La couche d'argile est plus épaisse par endroits. En séchant, elle a fait apparaître la forme sinueuse d'une rivière et s'est craquelée. Cette oeuvre est comme une calligraphie géante. Les méandres inscrivent dans la terre la fluidité et le mouvement du temps, thème récurrent chez Goldsworthy. Temps de la nature, temps des hommes, et aussi de la relation entre la nature et les hommes.
Pour les Dignois, la Rivière de terre de Goldsworthy évoque aussi un phénomène bien réel qui se produisit en 2002 et 2003 dans la région : une gigantesque coulée de terre descendit de la Barre des Dourbes, emporta une route, une maison, détruisit des champs et menaça le hameau du Villard.
Enfin, il y a aussi une singulière actualité de cette œuvre : elle évoque les sècheresses à répétition qui vident fleuves et rivières de notre planète. Rivière de terre, œuvre d'anticipation ?